Consulter l'ophtalmologue: détection et surveillance

Le glaucome est souvent une maladie indolore et sournoise entrainant des troubles visuels qui sont perçus par le patient que lorsque la maladie est déjà à un stade avancé. Seuls des examens réguliers pratiqués par un ophtalmologiste permettent de dépister et de traiter correctement un glaucome. Ces examens sont essentiels si votre pression oculaire est élevée, si des membres de votre famille sont atteints de glaucome ou si vous avez plus de 40 ans.

1. Tonométrie ( mesure de la tension intraoculaire)

Elle est réalisée le plus souvent après instillation de gouttes pour anesthésier la cornée et en approchant ensuite près de l’œil un petit appareil (le tonomètre).

Une valeur supérieure à 21 mm Hg est considérée comme anormale. 
La pression de l’œil peut être également mesurée à l’aide d’un tonomètre « à air pulsé » qui projète un petit jet d’air sur la cornée sans instillation préalable d’un collyre anesthésique. Cette méthode est cependant moins précise.

2. Gonioscopie

La gonioscopie pratiquée par votre ophtalmologue permettra de préciser le type de glaucome dont vous souffrez en observant l’angle entre l’iris et la cornée, là où se trouvent le filtre de drainage (glaucome à angle ouvert ou fermé).

3. Examen de la papille optique (nerf optique)

Au moyen d’un ophtalmoscope, votre ophtalmologiste pourra observer le départ du nerf optique au fond de l’œil ou papille. La couleur, la forme et l’aspect de ce nerf lui permettront de voir si il présente des lésions dûes au glaucome.

La perte des fibres nerveuses du nerf optique se traduit par un aspect plus creusé de la papille optique. Cette excavation constitue la lésion caractéristique d’un glaucome. La perte de vision est proportionnelle à la sévérité de l’excavation et à la disparition du tissu nerveux.
C’est la raison pour laquelle l’aspect de la papille optique est extrêmement important pour poser un diagnostic de glaucome en présence d’une pression intraoculaire élevée. 
De même, l’examen de la papille optique est essentiel pour suivre l’évolution d’un glaucome.
Une dilatation de la pupille à l’aide d’un collyre est souvent nécessaire pour l’examen de la papille optique.

Des photographies de la papille optique pourront être très précieuses pour suivre l’évolution de la maladie.

4. Examen du champ visuel

En cas de glaucome ou de suspicion de glaucome, vous bénéficierez d’un examen du champ visuel pour voir s’il existe des déficits dans celui-ci. Chaque oeil est testé séparément. Ce test permettra d’évaluer votre vision périphérique.

Cette technique a pour but de déceler au moyen de petits signales lumineux projetés successivement dans les différentes parties du champ visuel de chaque œil, les parties saines ou déficitaires (appelées scotomes) de celui-ci. Pendant l’examen, le patient ne doit pas cesser de fixer une petite « cible » située au centre d’une coupole et indiquer si il a vu un signal lumineux qui lui a été projeté, sans cesser de regarder la cible de fixation

L’examen du champ visuel permet de détecter la maladie à sa phase initiale alors que le sujet n’a pas encore conscience qu’il a des altérations de son champ visuel.

5. Pachymétrie cornéenne

La pachymétrie cornéenne est la mesure de l’épaisseur cornéenne au moyen d’un instrument de mesure: le pachymètre. Ma moyenne d’épaisseur cornéenne est de 540 microns. L’épaisseur cornéenne affecte les mesures de la tension intraoculaire. Une cornée fine cause une sous-estimation de la tension oculaire, tandis qu’une cornée épaisse une surestimation. L’épaisseur de la cornée doit donc être prise en compte lors de la mesure de la tension oculaire.

6. Vision des couleurs

La vision des couleurs est normalement épargnée, une atteinte de la perception colorée évoquant plutôt une autre cause de neuropathie optique ou une cataracte. Seulement à un stade très avancé de la maladie du glaucome, la vision centrale chute, entraînant une diminution de la perception des couleurs.

7. Analyse automatisée du nerf optique par un oct papillaire

Dans certains cas, on peut s’aider de photos du nerf optique analysées par ordinateur, pour améliorer la prise en charge et le suivi de la maladie.

La fréquence des examens peut varier de 1 à 4 fois par année selon la gravité du problème.

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