Le traitement du glaucome

Indications de traitement

En règle général, tous les glaucomes doivent être traités. Dans la plupart des cas, un traitement par collyre suffit baisser la pression oculaire et arrêter l’évolution de la maladie.

Cependant, dans des cas réfractaires, il faut avoir recours au laser ou à la chirurgie.

Après une intervention, il est parfois possible d’arrêter les traitements car la baisse de la pression oculaire est stabilisée par cette intervention chirurgicale.

Traiter l’hypertonie oculaire?

L’excès de tension intraoculaire, ou hypertonie oculaire, est le principal facteur de risque de développer un glaucome. Il est souvent souhaitable de traiter cette hypertonie.

Cependant, lorsque l’hypertonie n’est pas trop importante et qu’il n’existe pas d’autres facteurs de risques, il est possible de surveiller l’hypertonie oculaire sans commencer un traitement. On ne traite donc pas systématiquement toutes les hypertonies oculaires.

Selon les cas, l’ophtalmologue peut proposer un traitement ou une simple surveillance de l’hypertonie oculaire.

Types de traitement

Il existe 3 grands types de traitement qui permettent d’abaisser la pression intraoculaire:

Collyre

Un traitement à base de collyre(s):
Selon le médicament qu’il contient le collyre augmentera la quantité de liquide drainée hors de l’œil ou diminuera la quantité de liquide produite par votre œil.

Diode laser

Le laser:
Il existe différents types de laser adaptés à différentes formes de glaucome (Laser Argon, Laser YAG, Laser Diode).

Valve

La chirurgie:
Elle s’avère généralement nécessaire pour faire baisser la pression intraoculaire si la maladie continue à progresser.


Les collyres

Il existe de nombreuses classes thérapeutiques qui permettent d’abaisser la pression

intraoculaire. Les collyres anti-glaucomateux exercent eur effet, soit en diminuant la production de l’humeur aqueuse (bêta-bloquants, agonistes alpha-adrénergiques, inhibiteurs de l’anhydrase carbonique), soit en augmentant son élimination (prostaglandines, myotiques).

  • les béta-bloquants
  • les myotiques (comme la pilocarpine)
  • les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique
  • les prostaglandines
  • les agonistes alpha-adrénergique

L’efficacité du traitement est jugée par un examen du champ visuel et l’aspect du nerf optique. Le but est la stabilisation de l’atteinte visuelle.
Seul l’ophtalmologiste, au vu de l’examen qu’il pratique et à la lecture du champ visuel, est capable de dire si la maladie est stabilisée.

Tolérance aux gouttes

Une tolérance médiocre d’un collyre peut s’observer soit dès l’institution du traitement, soit après plusieurs mois ou années de traitement.

Les principaux signes d’intolérance locale sont une sensation de brûlure oculaire ou de picotement se prolongeant plus de 10 minutes après l’instillation, des rougeurs oculaires et des douleurs oculaires. Dans certains cas, les paupières sont sensibles, rouges et gonflées.

Il est nécessaire de parler des problèmes d’irritation oculaire liée aux collyres à son médecin, qui pourra modifier le traitement et proposer un autre traitement aussi efficace mais mieux toléré.

Effets secondaires des collyres

Un collyre peut être parfois responsable d’un effet sur la santé générale. Même à faible concentration, un médicament instillé dans l’œil peut passer dans la circulation générale par voie sanguine et entraîner des effets secondaires.

La nature des effets secondaires est fonction du type de collyre utilisé, mais il est possible d’observer une:

  • fatigue anormale
  • difficulté de respiration
  • sécheresse de la bouche et du nez

En appuyant doucement à l’intérieur des paupières, près de la racine du nez ou en fermant les paupières lors de l’instillation du collyre, il est possible de diminuer la quantité de collyre passant dans le sang, et donc de limiter le risque d’effets généraux.

Collyres et lentilles de contact

Le port des lentilles de contact a été déconseillé pendant longtemps chez les patients glaucomateux, car elles pouvaient être mal tolérés. En effet, certains collyres diminuent la sécrétion des larmes et rendant le port des lentilles peu confortable. Certains produits conservateurs présents dans les collyres peuvent même abîmer le matériau des lentilles.

A nos jours, les lentilles de contact sont plus résistantes et le risque de les abîmer n’existe pas si on en change régulièrement. La tolérance des lentilles souples est cependant moins bonne si la sécrétion des larmes est diminuée.

Après une chirurgie, le port des lentilles doit être suspendu pour quelques semaines.


Le traitement au laser

Le laser est un faisceau de lumière puissant et concentré qui permet de découper ou de brûler les tissus humains.

Le laser est un instrument idéal pour le traitement des pathologies oculaires car ses structures sont transparentes et laissent bien passer la lumière émise. Le laser permet la réalisation d’une chirurgie sans incision, ce qui élimine le risque d’infection et limite le risque d’hémorragie. Des différents types de laser existent selon la nature du gaz (Argon, Yag) utilisé pour concentrer le rayon lumineux délivré par le laser.

La chirurgie au laser est la plus part des fois indolore et n’entraîne aucune cicatrice visible. L’opération se déroule sous anesthésie locale. Le laser peut entraîner une discrète inflammation, souvent transitoire et bien contrôlable par un traitement anti-inflammatoire local.

Le laser pour le glaucome aigu et le glaucome à angle fermé

Dans le glaucome aigu ainsi que dans le glaucome à angle fermé, l’iris bloque la circulation intraoculaire de l’humeur aqueuse, du liquide qui donne à l’œil sa tonicité. Le traitement au laser (Yag) consiste à créer un orifice dans l’iris afin de faciliter la circulation dans l’oeil et améliorer le contrôle tensionnel.

Le laser pour le glaucome chronique

Le laser qui traite le glaucome chronique à angle ouvert est le laser Argon (ou des lasers de fréquence similaire). Dans le glaucome chronique, l’augmentation de la pression oculaire est due à une diminution de la porosité du système de drainage intraoculaire, du trabéculum.

Dans le glaucome chronique, le laser est appliqué sur le trabéculum, qui se contracte sous l’effet de la chaleur. La procédure s’appelle «trabéculoplastie au laser» et est toujours réalisée sous simple anesthésie locale, sans hospitalisation. Son intérêt majeur est sa relative innocuité et la possibilité de le répéter.

Le laser diode

Le laser diode est un type de laser qui est effectué dans les glaucomes résistants aux traitements médicaux ou chirurgicaux conventionnels. L’objectif de ce laser est de détruire les procès ciliaires qui secrètent l’humeur aqueuse.

Le laser diode n’est généralement indiqué qu’en cas d’échec des chirurgies classiques, et les patients qui en bénéficient ont souvent déjà subi plusieurs autres opérations. La cyclodestruction doit être prudente car elle peut aboutir à une atrophie de l’œil.


La chirurgie du glaucome

En règle générale, les indications de la chirurgie du glaucome sont une tension mal équilibrée malgré un traitement médical associée à une atteinte du champ visuel qui s’aggrave, une mauvaise tolérance aux gouttes ou une réponse insuffisante au traitement laser.

Plusieurs techniques chirurgicales sont possibles pour traiter le glaucome. Elles visent toutes à donner une pression oculaire suffisamment basse pour que la maladie n’évolue pas.

Elles consistent pour la plupart à la création d’un nouveau passage sous microscope pour dériver l’humeur aqueuse sous la conjonctive, dans la zone en regard de la paupière supérieure. Ces interventions ont différents noms selon le procédé chirurgical que choisira le chirurgien en fonction du cas clinique présenté: trabéculectomie, viscocanalostomie, splénectomie. Elles peuvent être complétées, durant leur réalisation, par l’application locale des substances diminuant la cicatrisation surtout dans des cas complexes, comme la mitomycine C et la fluorouracile. Ces compléments ne sont pas systématiques. C’est votre chirurgien qui appréciera l’importance de leur utilisation.

Il est possible que des micro-prothèses (drains et valves) soient utilisées dans l’œil, surtout si le patient a déjà été opéré du glaucome auparavant. La plupart du temps, la chirurgie du glaucome ne nécessite aucun implant.

La chirurgie du glaucome est le plus souvent réalisée sous anesthésie locale. Cette chirurgie peut être envisagée en ambulatoire ou en hospitalisation. Elle est bien entendu réalisée en milieu stérile dans un bloc opératoire.